Message à la communauté universitaire



Accès à l'information scientifique - Mise à jour février 2004



Fin décembre 2003, les négociations du CReF avec l'éditeur de périodiques scientifiques Reed Elsevier ont finalement permis de dégager une solution pour l'accès à ScienceDirect. L'accord conclu en consortium porte sur l'accès électronique à une sélection de titres de ScienceDirect, et non pas à l'entièreté de la base de données (1.700 titres).

Concrètement, dès le 1er mars 2004, la communauté de l'ULB continue d'avoir un accès électronique à environ 680 titres, comprenant tous les périodiques souscrits par l'université (c'est-à-dire les abonnements papier Elsevier, Academic Press et Harcourt Health Science tels que souscrits en 2003), ainsi qu'un ensemble de titres Elsevier supplémentaires, communs à toutes les universités de la Communauté française et sélectionnés par elles sur base des statistiques de consultation de ScienceDirect de 2001 à 2003.

L'accès aux archives électroniques de 2001 à 2003 n'est accordé contractuellement qu'aux titres effectivement souscrits par l'université, donc correspondant aux abonnements papier. Les conditions pratiques d'accès à ces archives doivent encore être déterminées avec l'éditeur et risquent bien d'entraîner un surcoût.

Dans le nouveau contrat 2004-2006, le modèle commercial de Reed Elsevier reste inchangé mais les conditions négociées permettent de limiter l'inflation des coûts pendant trois ans (environ 6% par an), même si celle-ci reste supérieure à l'évolution générale des prix et du PIB en Europe. Dans ce modèle, les mécanismes de calcul de la licence d'accès aux versions électroniques induisent, en particulier, une croissance très rapide de ces coûts (14% la deuxième année et 16% la troisième année du contrat).

On remarque donc que l'accès électronique coûte de plus en plus cher, sans qu'aucune garantie ne soit accordée concernant la pérennité de cet accès aux données acquises.

Pour les universités, cet accord est un pis-aller puisqu'il gèle la possibilité d'annuler des souscriptions pendant trois nouvelles années (sauf moyennant le remplacement d'un titre par un autre pour une valeur équivalente). Il contraint donc les universités à bloquer une partie importante et toujours croissante de leur budget documentaire pour l'achat de titres publiés par Reed Elsevier et les maisons d'édition rachetées par l'éditeur néerlandais.

Néanmoins, en rompant avec le modèle du "bundling" (la vente groupée, associant titres phares et titres moins importants), les universités marquent leur volonté de reprendre le contrôle de leurs collections, de sélectionner leurs périodiques quel qu'en soit l'éditeur, et de soutenir d'autres modèles de publication savante dans les universités de la CfB.

Signalons que la publication de la recherche scientifique est le secteur d'activité du groupe Reed Elsevier qui enregistre les meilleurs résultats en 2003 avec des revenus en croissance de 5% (2 002 millions d'euros), et dont la rentabilité augmente de 8%.

Vous trouverez prochainement sur le site web des Bibliothèques plus d'informations sur la situation de la publication scientifique, les modèles alternatifs et les possibilités d'action des académiques et des éditeurs scientifiques.

Pour toute information ou réaction concernant cette situation, contactez-nous à l'adresse e-journals@ulb.ac.be.

Professeur Jean-Pierre Devroey
Directeur des Bibliothèques



L’accès à l’information scientifique menacé : les universités réagissent fermement (Décembre 2003)


Lors de sa réunion du 2 décembre 2003, le CReF (Conseil des Recteurs des Universités francophones de Belgique) a constaté que les négociations menées avec l’éditeur de périodiques scientifiques Reed Elsevier pour la poursuite du contrat ScienceDirect étaient dans l’impasse.


Constat

Comme beaucoup d’autres grands éditeurs commerciaux, Elsevier offre depuis quelques années des souscriptions globales aux journaux scientifiques via la plate-forme ScienceDirect qui compte aujourd’hui 1.700 titres. En 2001, les neuf universités de la Communauté française de Belgique avaient conclu un accord de trois ans pour l’accès aux 1.200 périodiques disponibles à ce moment dans ScienceDirect accroissant ainsi de manière sensible l’accès de leurs chercheurs à ces informations. L’accord, qui exclut la possibilité d’annulations de souscription, consolidait les parts de marché de Reed Elsevier en Belgique, tout en ralentissant l’inflation du coût de l’information scientifique, qui avait atteint et même dépassé les 10 % par an dans les deux dernières décennies, chez les grands éditeurs commerciaux.


Un modèle commercial de plus en plus lourd pour les universités et les chercheurs

Malgré un accroissement du marché aux périodiques des éditeurs Academic Press et Harcourt Health Science, rachetés par Reed Elsevier, le nouveau modèle commercial proposé pour 2004 par l’éditeur néerlandais réduirait des deux tiers environ les titres accessibles tout en impliquant une inflation des coûts (24 % en trois ans) bien supérieure à l’évolution des prix et du PIB en Europe ! De telles conditions entraîneraient de nouveaux sacrifices financiers pour les universités, au détriment d’autres activités comme l’enseignement et la recherche (en 2006, le surcoût récurrent représenterait pour nos universités l’équivalent du traitement annuel de huit jeunes chercheurs !), et conduiraient, en cas d’acceptation, à de nouvelles annulations d’abonnements à des titres de valeur publiés par d’autres éditeurs.


Si les négociations échouent …

Le CReF a proposé à Reed Elsevier de poursuivre les négociations pour tenter de dégager, d’ici le 31 décembre 2003, les bases d’une solution mutuellement acceptable pour l’accès à ScienceDirect durant l’année 2004. En cas d’échec, les nouveaux contenus ajoutés à ScienceDirect ne seraient plus accessibles à partir du 1er janvier 2004. Dans ce cas, les universités belges francophones envisagent la suppression de plusieurs centaines de titres publiés par l’éditeur néerlandais, dont la part de marché pourrait être ainsi fortement réduite au profit d’autres acteurs de l’édition scientifique. Un accès aux archives pour les articles publiés entre 2001 et 2003 serait mis en place par les universités.


Les préoccupations exprimées par le CReF à l’égard du nouveau modèle commercial de Reed Elsevier sont largement partagées par les universités et des consortiums de bibliothèques en Europe et dans le monde.


Une des universités américaines les plus prestigieuses, Cornell University (Ithaca, New York) a décidé d’interrompre sa souscription à ScienceDirect et annoncé sa décision de supprimer plusieurs centaines d'abonnements à des titres publiés par Elsevier à partir de janvier 2004 (http://www.library.cornell.edu/scholarlycomm/elsevier.html). D’après Duane Webster, directeur de l’Association of Research Libraries à Washington, d’autres universités américaines importantes (Harvard University et The University of California, notamment) sont sur le point d’adopter des mesures analogues (voir: Nature, vol. 426, 20 novembre 2003, p. 217). D'autres sources indiquent que de très nombreux clients de Reed Elsevier, à l’instar des universités belges francophones, n’auraient pas encore renouvelé à l’heure actuelle leurs souscriptions pour 2004, alors que ces renouvellements sont en général opérés en septembre et en octobre.


Pour mieux comprendre les problèmes fondamentaux relatifs à la crise de la communication savante, nous vous envoyons à la page de l'Université de Cornell : "Six Key Issues about the Crisis in Scholarly Communication".


Pierre de Maret,
Recteur de l'Université Libre de Bruxelles.
Président du CReF.


Jean-Pierre Devroey,
Directeur des bibliothèques de l'Université Libre de Bruxelles.
Président du CA de la Bibliothèque Interuniversitaire de la Communauté française de Belgique (BICfB).

Pour toute information concernant cette situation, veuillez contacter les Bibliothèques à l'adresse e-journals@ulb.ac.be


Une mise à jour de cette page sera effectuée dès que de nouvelles informations nous parviendront.


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Commentaires: Christophe Bulté
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